A retenir
- Sauf convention de blocage ou clause contraire, vous pouvez exiger le remboursement à tout moment.
- Le manque de trésorerie ne justifie pas un refus. Le juge ne peut accorder que deux ans de délai.
- Vous disposez de 5 ans pour agir, à compter de votre demande de remboursement.
- En procédure collective, déclarez votre créance dans les deux mois de la publication au BODACC.
- En cas de décès ou de divorce, le compte courant est régi par des règles distinctes de celles des parts sociales.
Compte courant d’associé : nature juridique et droit au remboursement
Avant d’agir, qualifiez précisément votre créance : cette qualification décide de vos droits.
Qu’est-ce qu’un compte courant d’associé ?
Un compte courant d’associé est un prêt que vous consentez à votre société. Vous devenez son créancier. Contrairement à un apport au capital, cette somme a vocation à vous être remboursée.
Concrètement, vous versez des fonds ou laissez à la société des dividendes non perçus. Même sans contrat écrit, ses documents comptables suffisent à prouver votre créance (Cass. com., 23 avril 2013, n° 12-14.283). Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, aucun seuil de détention du capital n’est exigé. Tout associé peut faire une avance, tout comme les dirigeants : gérant, président ou directeur général (art. L312-2 du Code monétaire et financier).
À l’inverse, un compte courant débiteur est interdit aux gérants et associés personnes physiques de SARL. Il l’est aussi pour les dirigeants de SAS et de société anonyme (SA). Ce découvert peut caractériser un abus de biens sociaux, qui relève d’un avocat en droit pénal des affaires.
| Critère | Apport en capital | Apport en compte courant |
|---|---|---|
| Nature | Contrepartie de parts ou d’actions | Prêt : créance sur la société |
| Remboursement | Non, sauf réduction de capital ou liquidation | Oui, à tout moment sauf clause contraire |
| Rémunération | Dividendes, si la société en distribue | Intérêts, s’ils sont prévus |
| Rang en cas de faillite | Après tous les créanciers | Créancier chirographaire |
| Droits de vote | Oui | Non |
Convention de compte courant : les clauses qui encadrent le remboursement
La convention fixe les règles du jeu : durée, préavis, blocage, intérêts. Si elle reste muette sur le remboursement, le principe s’applique : vous pouvez réclamer vos fonds à tout moment.
Surtout, une clause ambiguë profite à l’associé. Dans une affaire parisienne, la convention prévoyait un remboursement immédiat en cas de vente du fonds de commerce. La cour a refusé d’y voir un blocage : une dérogation doit être clairement exprimée (CA Paris, 26 février 2015).
Les clauses à vérifier dans votre convention :
- la durée de l’avance ou l’absence de terme ;
- le préavis de remboursement ;
- une éventuelle clause de blocage et son bénéficiaire ;
- le taux et la date de paiement des intérêts ;
- le sort du compte courant en cas de cession ou de décès.
Vous doutez de la portée de votre convention ? Un avocat en droit des sociétés à Paris peut l’auditer avant toute démarche.
Une convention mal lue peut retarder votre remboursement de plusieurs années.
Goldwin Avocats, à Paris 16ᵉ, analyse votre convention et vos statuts avant toute demande. Premier rendez-vous confidentiel, au cabinet ou en visioconférence.
Peut-on exiger le remboursement à tout moment ?
Oui, sauf stipulation contraire. Pour la Cour de cassation, le compte courant sans terme est un prêt à durée indéterminée. Vous pouvez donc en exiger le remboursement à tout moment, sans justifier votre demande.
Le compte courant a pour caractéristique essentielle d’être remboursable à tout moment, sauf convention ou clause statutaire contraire (Cass. com., 10 mai 2011, n° 10-18.749). La même règle vaut pour les SCI (Cass. 3e civ., 3 mai 2018, n° 16-16.558). La chambre commerciale l’a encore réaffirmée en 2025 (Cass. com., 12 février 2025, n° 23-17.483).
Ce droit survit d’ailleurs à votre départ. La cession de vos titres n’emporte ni la cession ni la clôture de votre compte courant (Cass. com., 27 mai 2021, n° 19-18.983).
Céder vos parts ne vous fait pas perdre votre créance. Sans clause contraire, vous restez créancier de la société après votre départ. Vérifiez toutefois l’acte de cession : il peut transférer le compte courant au repreneur.
Le remboursement est-il automatique en cas de départ ou de liquidation ?
Non. Le départ d’un associé ne rend pas, à lui seul, le compte courant exigible. Vous devez formuler une demande. Seule la liquidation de la société impose un règlement, dans un cadre précis.
En liquidation amiable, le liquidateur apure le passif avant de partager le boni entre associés. Votre compte courant figurant au passif, il est réglé avant toute répartition, si l’actif le permet.
| Situation | Ce qui se passe |
|---|---|
| Vie sociale normale | Remboursement sur demande |
| Cession des parts, retrait, exclusion | Créance conservée, remboursement sur demande |
| Liquidation amiable | Règlement par le liquidateur avec le passif |
| Redressement ou liquidation judiciaire | Déclaration de créance obligatoire |
| Décès de l’associé | Créance transmise, remboursement sur demande des héritiers |
Conditions de remboursement du compte courant : quand la société peut-elle refuser ou différer ?
La société ne peut refuser que pour un motif précis. Le manque de trésorerie n’en est pas un (service-public.fr, fiche vérifiée le 3 juillet 2026). En revanche, plusieurs mécanismes permettent de reporter légitimement le paiement.
| Peut justifier un refus ou un report | Ne justifie pas un refus |
|---|---|
| Convention de blocage en cours | Manque de trésorerie |
| Préavis ou échelonnement opposable | Conflit entre associés |
| Abandon de créance non levé | Départ de l’associé |
| Procédure collective ouverte | Absence de convention écrite |
| Délai de grâce accordé par le juge | Exigence d’un accord unanime des coassociés |
Notez une nuance. Même face à un refus infondé, le juge peut accorder des délais de paiement à la société. Ils sont limités à deux ans (art. 1343-5 du Code civil).
Convention de blocage : un remboursement reporté à une date convenue
La convention de blocage est votre engagement de ne pas réclamer vos fonds pendant une durée ou jusqu’à un événement. Tant qu’elle produit ses effets, la société peut légitimement refuser le remboursement.
Le blocage résulte d’une décision unanime des associés ou d’une convention signée avec la société. Les banques l’exigent souvent avant d’accorder un prêt.
Exemple de clause (fictive)
« L’associé maintient 80 000 € en compte courant jusqu’au remboursement du prêt, au plus tard fin 2029. »
- Le terme est clair : à cette date, votre droit au remboursement renaît.
- Le lien avec le prêt est explicite : un remboursement anticipé du prêt libère aussi vos fonds.
Souvenez-vous que le doute profite à l’associé : un blocage doit être clairement stipulé pour vous être opposé.
Clauses statutaires et pacte d’associés : préavis, échelonnement et plafonds
Les statuts ou un pacte d’associés peuvent encadrer le remboursement : préavis, paiement échelonné, plafond annuel. Ces clauses limitent votre droit, mais seulement si elles vous sont opposables.
| Type de clause | Effet sur le remboursement |
|---|---|
| Préavis | Reporte le paiement de la durée prévue. |
| Échelonnement | Étale le paiement en plusieurs échéances. |
| Plafond annuel | Limite le montant remboursable par exercice |
| Décision collective préalable | Subordonne le paiement à un vote des associés |
L’opposabilité est décisive. Les statuts s’imposent à tous les associés, y compris aux nouveaux entrants. Un pacte d’associés, lui, n’engage que ses signataires. Si vous ne l’avez pas signé, ses clauses ne vous lient pas.
Méfiez-vous aussi des clauses qui subordonnent le remboursement à un vote. Utilisée pour bloquer le seul minoritaire, une telle décision peut caractériser un abus de majorité.
Abandon provisoire de la créance : la clause de retour à meilleure fortune
En abandonnant votre créance avec une clause de retour à meilleure fortune, vous l’effacez temporairement. Elle renaît si la société atteint la situation financière prévue. Vous pouvez alors en redemander le remboursement.
Tout repose sur la rédaction. La clause doit définir la « meilleure fortune » par un critère objectif et fixer une durée. Une clause floue ouvre la porte au contentieux.
Exemple fictif : Paul abandonne 50 000 € en 2025. La clause joue dès que les capitaux propres dépassent le capital social. En 2027, la condition est remplie : sa créance renaît et redevient exigible.
Demande de remboursement abusive : le risque pour l’associé-dirigeant
Une demande de remboursement n’est qu’exceptionnellement jugée abusive. Le droit au remboursement reste la règle, quels que soient vos motifs. Le risque augmente toutefois si vous êtes aussi dirigeant.
Quelques cours d’appel ont rejeté une demande jugée brutale, mais ces décisions restent isolées. En revanche, l’associé-dirigeant décide lui-même de se rembourser. S’il le fait en connaissant les difficultés de l’entreprise, il favorise sa créance au détriment des autres créanciers. Ce choix peut constituer une faute de gestion.
Vous êtes à la fois créancier et décideur. Avant de vous rembourser, vérifiez que la société peut payer ses autres dettes. Un remboursement prioritaire en période de difficultés peut engager votre responsabilité personnelle.
Obtenir le remboursement de son compte courant : démarches, délais et recours
Aucune clause ne bloque votre créance ? Place à l’action, avec méthode.
Rédiger sa demande de remboursement : modèle de lettre recommandée
Adressez une lettre recommandée avec accusé de réception au représentant légal de la société. Indiquez le montant réclamé et le fondement de votre créance. Cette lettre date votre demande et rend la créance exigible.
- 1Rassemblez vos preuves : bilans, extrait du compte courant, virements, convention.
- 2Relisez statuts, pacte et convention pour repérer un blocage ou un préavis.
- 3Écrivez au gérant ou au président, en précisant le solde réclamé et les intérêts dus.
- 4Conservez l’accusé de réception : il prouve la date de votre demande.
Vous acceptez d’étaler le paiement ? Formalisez l’accord par un avenant ou un protocole, avec des échéances précises. Cette lettre sera produite devant le juge en cas de litige. Votre avocat peut la rédiger ou relire votre projet.
Délai de remboursement et prescription : jusqu’à quand agir ?
Aucun délai légal ne s’impose à la société : la somme est exigible dès votre demande. Vous disposez ensuite de cinq ans pour agir en justice, à compter de cette demande.
Si la société tarde, adressez-lui une mise en demeure. La somme produit alors des intérêts au taux légal (art. 1231-6 du Code civil).
La prescription ne court pas depuis le versement. La Cour de cassation retient le jour de la demande de remboursement, qui rend la créance exigible. Dans l’affaire jugée, l’associé avait cédé ses parts en 2004, réclamé son dû en 2013 et assigné en 2016. Son action n’était pas prescrite (Cass. com., 27 mai 2021, n° 19-18.983).
Évitez un contresens fréquent : le « délai de cinq ans » parfois évoqué n’est pas un délai de paiement laissé à la société. C’est le délai dont vous disposez pour agir.
Une mise en demeure fait courir les intérêts, mais elle n’interrompt pas la prescription. Seuls une action en justice, une reconnaissance de dette ou une mesure d’exécution l’interrompent.
- Demande de remboursement (créance exigible)
- Mise en demeure (intérêts au taux légal)
- Assignation (prescription interrompue)
- Cinq ans sans action (prescription acquise)
Refus de remboursement injustifié : recours et conséquences pour la société
Face à un refus sans fondement, procédez par étapes : mise en demeure, négociation, puis action en justice. Le référé-provision permet d’obtenir rapidement une condamnation lorsque la créance n’est pas sérieusement contestable.
| Recours | Quand l’utiliser |
|---|---|
| Mise en demeure | Après une demande restée sans effet |
| Négociation ou médiation | Pour préserver la relation entre associés |
| Injonction de payer | Créance chiffrée et peu contestée |
| Référé-provision | Créance non sérieusement contestable |
| Action au fond | Contestation sérieuse ou litige plus large |
Pour une SARL ou une SAS, le litige relève du tribunal de commerce. À Paris, celui-ci est devenu le tribunal des activités économiques le 1er janvier 2025, à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2028. Pour une SCI, saisissez le tribunal judiciaire.
Un refus injustifié coûte cher à la société : capital, intérêts de retard et une partie de vos frais. Si elle ne peut pas payer, vous pouvez demander l’ouverture d’une procédure collective.
Souvent, le refus cache un conflit plus large : exclusion, dilution, gouvernance. Un avocat pour conflit d’associés intègre alors le remboursement dans une stratégie globale, au croisement de la négociation et du contentieux propre à l’avocat en droit des affaires.
Votre créance mérite une stratégie, pas une attente.
Goldwin Avocats, à Paris, vous aide à négocier puis, si nécessaire, à contraindre la société à payer. Premier rendez-vous confidentiel, au cabinet ou en visioconférence.
Le remboursement est-il imposable ? Principal, intérêts et abandon
Non, pour le principal : récupérer la somme prêtée n’est pas un revenu. Seuls les intérêts sont imposés. Côté société, ce remboursement n’est pas une charge déductible de l’impôt sur les sociétés.
En 2026, vos intérêts supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Ce taux réunit 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’option pour le barème reste possible (service-public.fr, 3 juillet 2026).
La société déduit ces intérêts si son capital est libéré et si le taux respecte un plafond. Ce plafond atteint 4,33 % pour un exercice clos du 31 août au 29 septembre 2026 (même source).
Avec une clause de retour à meilleure fortune, les sources divergent. Certains guides présentent l’imposition de l’abandon comme différée. La doctrine administrative retient au contraire un profit imposable dès l’abandon, puis une charge déductible lors du remboursement.
| Opération | Associé personne physique | Société à l’IS |
|---|---|---|
| Remboursement du principal | Non imposable | Non déductible |
| Versement d’intérêts | PFU de 31,4 % ou barème | Déductibles sous conditions |
| Abandon de compte courant | Perte en principe non déductible | Profit en principe imposable |
| Retour à meilleure fortune | Remboursement du capital non imposable | Charge déductible, dans la limite du profit imposé |
Remboursement du compte courant en procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation)
Une fois la procédure ouverte, la société n’a plus le droit de rembourser votre compte courant.
Rang de l’associé créancier et privilège des apports nouveaux
Votre compte courant est en principe une créance chirographaire, c’est-à-dire sans garantie. Vous êtes payé après les salariés, les frais de justice et les créanciers garantis, si l’actif le permet. Une avance nouvelle peut toutefois bénéficier d’un privilège.
Une avance consentie dans une conciliation homologuée bénéficie du privilège de « new money » (art. L611-11 du Code de commerce). Depuis l’ordonnance du 15 septembre 2021, un privilège comparable protège certains apports en sauvegarde ou en redressement. Les apports en capital en sont exclus, pas les avances en compte courant.
Les créanciers d’un niveau ne sont payés que si ceux du niveau supérieur l’ont été.
Déclarer sa créance au mandataire judiciaire : le délai de deux mois
Vous devez déclarer votre créance au mandataire judiciaire dans les deux mois de la publication du jugement d’ouverture au BODACC. À défaut, votre créance devient inopposable à la procédure.
- 1Surveillez le BODACC dès que vous apprenez les difficultés de la société.
- 2Chiffrez votre créance : solde du compte et intérêts échus au jour du jugement.
- 3Adressez la déclaration et vos justificatifs au mandataire ou au liquidateur.
Le délai est doublé si vous résidez hors de France métropolitaine. Hors délai, vous pouvez demander un relevé de forclusion dans les six mois de la publication. Vous devrez prouver que le retard n’est pas de votre fait (art. L622-26 du Code de commerce).
Être associé ne vous dispense pas de déclarer votre créance. Le délai court même si personne ne vous prévient. Une déclaration manquée vous exclut des répartitions.
Remboursement pendant la période suspecte : nullité et faute de gestion
Un remboursement obtenu entre la date de cessation des paiements et le jugement d’ouverture peut être annulé. Si votre compte était bloqué, la nullité est de droit. Le liquidateur peut alors vous réclamer les sommes.
Deux régimes coexistent pendant cette période suspecte :
- nullité de droit pour le paiement d’une dette non échue, comme un compte bloqué remboursé avant terme (art. L632-1 du Code de commerce) ;
- nullité facultative pour une dette échue, si vous connaissiez la cessation des paiements (art. L632-2 du Code de commerce).
Le dirigeant qui se rembourse s’expose davantage. La Cour de cassation a retenu une faute de gestion contre un gérant remboursé alors que l’activité avait disparu. Ce paiement préférentiel lésait les autres créanciers (Cass. com., 24 mai 2018, n° 17-10.119).
Cette faute peut fonder une action en responsabilité pour insuffisance d’actif (art. L651-2 du Code de commerce). Un liquidateur vous réclame un remboursement ? Faites analyser la date de cessation des paiements retenue : elle conditionne toute l’action.
Compte courant d’associé en cas de décès ou de divorce : sort de la créance et remboursement
Votre compte courant ne suit pas le sort de vos parts sociales. Cette autonomie produit des effets souvent méconnus.
Parts sociales et compte courant, deux biens distincts
- Les parts donnent la qualité d’associé. Leur transmission peut exiger un agrément.
- Le compte courant est une créance. Il se transmet sans agrément.
Les héritiers de l’associé peuvent-ils exiger le remboursement ?
Oui. La créance de compte courant entre dans la succession de l’associé. Ses héritiers en deviennent titulaires, même s’ils ne sont pas agréés comme associés. Ils peuvent donc en demander le remboursement.
Ils reçoivent toutefois la créance telle qu’elle existait : un blocage ou un préavis leur reste opposable. Tant que la succession n’est pas partagée, la créance appartient à l’indivision. Chaque héritier peut accomplir seul un acte conservatoire (art. 815-2 du Code civil). Les actes d’administration exigent une majorité des deux tiers des droits indivis (art. 815-3 du Code civil). Par prudence, les héritiers ont intérêt à agir ensemble ou à donner mandat à l’un d’eux.
Comment le compte courant est-il valorisé dans la succession ?
En principe, la créance est déclarée pour sa valeur nominale, augmentée des intérêts courus au jour du décès. Une valeur inférieure suppose de prouver que la société ne peut pas rembourser.
Cette preuve pèse sur le déclarant. En matière d’ISF, la Cour de cassation a ainsi validé un redressement fondé sur la valeur nominale (Cass. com., 9 juillet 2013, n° 12-21.836).
Exemple fictif : le compte courant affiche 120 000 € et 2 400 € d’intérêts courus. Sauf difficulté de recouvrement prouvée, la succession déclare 122 400 €.
À l’inverse, un compte courant débiteur constitue une dette du défunt envers la société. Sa déduction n’est pas automatique, notamment lorsque la société est contrôlée par les héritiers.
Créance de compte courant : bien commun ou bien propre ?
Tout dépend du régime matrimonial et de l’origine des fonds. En communauté légale, une avance financée par les revenus du couple est en principe commune. Peu importe que les parts soient propres.
| Régime et origine des fonds | Qualification |
|---|---|
| Communauté légale, revenus du couple | Commune |
| Communauté légale, héritage avec déclaration d’emploi | En principe propre, si l’origine est prouvée |
| Séparation de biens, fonds personnels | Personnelle à l’époux qui a versé |
| Participation aux acquêts | Personnelle, puis intégrée au calcul de la participation |
La preuve fait la différence. Sans trace de l’origine des fonds, la présomption de communauté joue contre l’époux qui revendique un propre (art. 1402 du Code civil).
Divorce : comment le compte courant est-il partagé entre époux ?
Une créance de compte courant commune entre dans l’actif à partager. Elle est évaluée au jour du partage. L’époux qui la conserve verse en général une soulte à l’autre.
Hors consentement mutuel, le divorce produit ses effets sur les biens à la date de la demande. Le juge peut retenir la date de fin de la cohabitation et de la collaboration (art. 262-1 du Code civil). Les récompenses rééquilibrent ensuite les patrimoines lorsque fonds propres et communs se sont mêlés (art. 1433 et 1437 du Code civil).
Exemple fictif : une créance commune de 60 000 € est attribuée au mari, associé de la SAS. Toutes choses égales par ailleurs, il doit 30 000 € de soulte. Pour la financer, il peut demander le remboursement de son compte courant.
Point de vigilance : un blocage décidé en pleine procédure pour minorer la créance doit vous alerter. Une telle manœuvre peut être contestée.
- Demande en divorcedate d’effet entre époux
- Évaluation de la créance
- Calcul des récompenses
- Partage et soulte
Anticiper un décès ou un divorce : clauses et précautions à prévoir
Prévoyez le sort de la créance dans la convention, tracez l’origine des fonds et adaptez votre contrat de mariage. Ces précautions coûtent peu au regard des conflits qu’elles évitent.
Checklist d’anticipation
- Prévoir dans la convention les modalités de remboursement aux héritiers.
- Déclarer l’origine propre des fonds lors de chaque avance, si vous êtes marié en communauté.
- Conserver les preuves de virement et les extraits du compte courant.
- Envisager une donation de la créance, soumise aux droits de donation.
Le cabinet d’avocats Goldwin, à Paris 16e, accompagne les associés dans la sécurisation de leurs comptes courants.
Consulter un avocat tôt, c’est garder toutes vos options ouvertes.
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Questions fréquentes sur le remboursement d’un compte courant d’associé
- obtenir le remboursement de votre compte courant par la société lors de la cession,
- ou le céder au repreneur pour un prix distinct de celui des parts.